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Compte-rendu de la journée de formation "L’Europe, dans et hors l’Union Européenne"

15 / 04 / 2019 | Cavelier Antoine | Claire Tritsch
Le 16 janvier 2019 de 9h à 17h, au Service historique de la Défense du Château de Vincennes (Pavillon du Roi)

Présentation et enjeux de la formation :
Le changement d’échelle de l’Union Européenne, lié aux grands élargissements, impose une nouvelle approche géographique et géopolitique de l’Europe en tant que continent.
Si l’UE présente l’apparence d’un bloc d’États, elle est toutefois marquée par de forts écarts de niveau de développement, des participations à géométrie variable à certaines réalisations (espace Schengen, monnaie unique) et des débats internes qui en soulignent la diversité et parfois même les ruptures comme celle que constitue le Brexit.
L’Europe hors UE ne saurait constituer non plus un ensemble homogène. Le critère de non-appartenance à l’UE ne peut être retenu comme facteur d’unité. En effet, les intérêts économiques et stratégiques des États peuvent diverger de même que la nature et l’intensité des rapports qu’ils entretiennent entre eux et avec l’UE.
Comment, dès lors, aborder la question de l’Europe en classe en y intégrant une nouvelle approche géographique et géopolitique ? Quelle(s) clef(s) de lecture proposer aux élèves pour comprendre ce continent ?

Introduction par Florence Smits, inspectrice générale : « Quels enjeux et quels défis ? »
Lors de son introduction, Florence Smits, inspectrice générale, présente les difficultés à définir précisément les réalités de l’Europe. Les conférences de la journée doivent permettent de poser les enjeux citoyens et civiques dans le cadre de la remise en cause actuelle du projet de paix de la construction européenne.

Pauline Schnapper (université Sorbonne nouvelle - Paris 3) : « Brexit : comment en est-on arrivé là ? »
Tout d’abord, la tradition politique eurosceptique britannique peut remonter aux années 1950 selon Pauline Schnapper. Juin 2016 n’est pas arrivé par hasard. De de Gaulle au débat sur le Traité de Maastricht, le projet européen a toujours été controversé.
Pourtant, le Royaume-Uni a obtenu un statut d’exception dans l’UE et a une influence importante, notamment dans le cadre de l’élargissement après la guerre froide.
Ensuite, les facteurs conjoncturels (crise financière de 2008, scandale des notes de frais des députés européens de 2009, effets de la politique d’austérité depuis 2010 et crise des réfugiés depuis 2015) n’ont fait qu’accentuer l’euroscepticisme pour Pauline Schnapper. Quant au référendum, le premier ministre David Cameron ne pensait pas devoir tenir sa promesse de 2013. Les résultats du référendum de 2016 montrent des fractures oubliées à la fois géographiques, sociales, éducatives mais surtout la crise des partis politiques.
Depuis 2016, les négociations ont débuté avec le déclenchement de l’article 50 du Traité de Lisbonne en mars 2017. Theresa May a fait le choix du "Hard Brexit" en pensant répondre à la demande des Britanniques. Cependant, quitter le marché commun implique une lourde facture et la difficile question de la frontière irlandaise. Le rejet du projet par les parlementaires en janvier 2019 n’est pas synonyme du départ de Theresa May.
Pour finir, les scénarios possibles pour l’avenir du Royaume-Uni imaginés par Pauline Schnapper sont un deuxième vote, le "No deal", l’extension de l’article 50, la renégociation sur le modèle norvégien ou un second référendum.

Sébastien Jung, professeur agrégé de géographie : « Enseigner la frontière germano-polonaise ».
Sébastien Jung a présenté en 3 points des pistes bibliographiques dans le cadre de la réforme du lycée, la spécialité histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques :
- une approche géopolitique et diplomatique de la frontière,
- un renouveau pour le spatial turn,
- conclusion : frontière entre discours et enjeux.

Lukas Macek, professeur à Sciences Po au collège universitaire - campus de Dijon : « L’Europe centrale et orientale. Quelle(s) singularité(s) au sein de l’UE ».
D’abord, il faut présenter le point de vue complexe de la France sur cette partie de l’Europe selon Lukas Macek : une perception à la fois inquiétante, compliquée, alliant méconnaissance et agacement. Dans le cadre de l’Union Européenne, la définition globale retenue les désignent comme Pays d’Europe Centrale et Orientale (PECO).
Ensuite, entre 1989 et 2004, la politique d’élargissement de l’UE est une réussite sur le plan administratif et économique. Pourtant, selon Lukas Macek, cet élargissement est un demi-échec politique, suite à un manque de discours et de communication envers les citoyens.
De plus, les relations sont ambiguës avec l’UE d’après Lukas Macek. Les points positifs sont le système politique favorable aux petits Etats, le développement économique ainsi que la possibilité d’échapper à l’influence russe (ex : les pays Baltes). Cet enthousiasme pour l’UE du début des années 1990 est porté par les élites intellectuelles issues de la dissidence mais qui sont marginalisées rapidement. La fin de l’URSS dégèle les anciennes plaies nationalistes. La résistance à la modernité libérale ou les politiques migratoires sont d’autres sources d’euroscepticisme.
Ainsi, Lukas Macek pense que la bonne santé économique des PECO n’empêche pas la crise du modèle européen.

Yann Richard, professeur à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) : « L’Union européenne dans la régionalisation du monde. L’Union européenne et le Moyen Orient. »
En introduction, Yann Richard rappelle que le Moyen-Orient tourne le dos à l’UE : peu d’exportation de pétrole et de gaz, peu de coopération universitaire et peu de migrants. Pourtant, la question de la prolifération nucléaire et de l’insécurité sont des enjeux majeurs actuels à régler.
D’abord, la présence de l’UE au Moyen-Orient est en demi-teinte pour Yann Richard. La politique européenne de voisinage (PEV) est irrégulière selon les pays. De plus, le bilan de l’action européenne est quasi nul. La preuve est l’absence de position commune au conseil européen sur le dossier du nucléaire iranien ou sur le conflit israélo-palestinien. Le printemps arabe n’a provoqué que des annonces et les traités bilatéraux sont peu nombreux.
Ensuite, Yann Richard pose la question suivante : pourquoi tant de difficultés à être un acteur au Moyen Orient ? Voici quelques rapides éléments de réponse selon lui : une politique de voisinage subie plus que construite et l’absence de vision commune. Les outils sont également inadaptés. Les grands textes de la PEV montrent l’aveuglement, l’incompétence et le parti pris de l’UE face à cette région du monde. Elle n’est donc pas crédible.
Pour conclure, Yann Richard explique que l’UE a une visibilité avec son voisinage pour le commerce extérieur mais aucun rôle diplomatique.

 

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