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La justice des mineurs

06 / 12 / 2011 | MANCHEC Mylène | VANDENABEELE Laure

Objectifs.

Cette proposition en éducation civique prend pour cadre les nouveaux programmes de quatrième mis en œuvre à la rentrée 2011, centrée sur le thème II (Droit et Justice en France), elle traite de la justice des mineurs. Il s’agit ici d’intégrer les TICE à l’ensemble du thème afin de conduire les élèves à connaitre la spécificité de cette justice : la protection de l’enfance et la répression des délits. De plus, la mobilisation de compétences différentes sera l’occasion de valider plusieurs items du socle commun.

Déroulement.

Les séances seront co-animées (professeur documentaliste et professeur d’histoire – géographie) et se dérouleront soit en salle de classe équipée d’un TNI soit en salle informatique.
Les documents proposés aux élèves sont présentés dans le dossier joint.

Première heure : une mise en perspective (diapositives 3 à 5 ; documents élèves pages 2 & 3).

Les documents d’accroche sont nombreux et assez longs, c’est un choix assumé qui permet d’opérer une sorte de retour vers le passé afin de construire dans un deuxième temps la problématique avec les élèves.
Les périodiques numérisés sur le site Gallica offrent l’opportunité de « piocher » dans la presse populaire. Le choix s’est porté sur Le Petit Parisien qui relate l’assassinat d’un jeune garçon boucher perpétré à Pantin en 1926. Cette bibliothèque numérique propose l’option affichage “mode texte” permettant d’accéder à l’article et de dépasser ainsi la lecture quelquefois hasardeuse d’un fac similé.

La lecture des documents et leur analyse conduisent à comprendre que les acteurs de ce fait divers sont la victime et les coupables, la justice des mineurs s’adresse donc à ces deux catégories.
La justice des mineurs marque déjà sa spécificité : dans un pays pratiquant la peine de mort, l’un des coupables ne sera pas exécuté en raison de son âge.

Deuxième heure : construction de la problématique (diapositives 6 à 10 ; documents élèves pages 4&5).

La nature des documents abordés au cours de cette séance change : les élèves seront amenés à mesurer l’importance d’un texte de loi en étudiant des extraits de l’ordonnance de 1945 et à comprendre comment le cinéma s’empare de cette « nouvelle » justice des mineurs.
Les extraits de l’ordonnance de 1945 seront préalablement distribués aux élèves qui devront répondre aux questions pour la prochaine séance.
Après la correction des questions faite avec le TNI, les élèves auront compris l’importance de ce texte qui définit la primauté de l’éducatif sur le répressif.
Afin de confronter l’évolution de la législation à la production cinématographique des années 1950, des extraits de deux films peuvent être retenus :
Chiens perdus sans collier, film de J. Delannoy sorti en 1955 qui abordent le travail de Julien Lamy, juge pour enfants nouvellement institué par l’ordonnance de 1945 (diapositive 8).
Les Quatre Cents Coups, film de F. Truffaut datant de 1959 et qui met en scène les tribulations du jeune Antoine Doinel. Le projecteur éclaire ici le parcours d’un mineur qui croise la justice (diapositive 9).
La justice des mineurs s’inscrit elle aussi dans le temps long de l’adoucissement des peines.
Le travail sur le document d’accroche débouche sur l’élaboration d’une problématique simple à la résolution complexe : Comment la justice prend elle en compte une catégorie particulière : les mineurs ?
Les élèves vont devoir cerner le sujet. Afin d’appréhender la première étape de la recherche documentaire (souvent décisive pour un travail pertinent), les élèves travailleront en deux étapes.
La première étape est de savoir questionner le sujet, savoir se poser des questions et avoir un regard global sur le sujet. La méthode du « Qui, Quoi, Quand, Où, Comment, Pourquoi ». Cet exercice de maïeutique conduit les élèves à se poser les bonnes questions afin de répondre à la problématique de départ.
Il est primordial pour cette étape que les élèves comprennent bien le déroulement de la méthode. En effet, ils ont tendance à vouloir immédiatement répondre aux questions, et à passer à côté de certaines questions, ne pouvant pas y répondre avec leurs connaissances personnelles.
Les élèves ont un document personnel à compléter (diapositive 10, document élève page 5) : au centre, le sujet à questionner (ici, la justice des mineurs) ; en étoile, les différents éléments du questionnement. Les questions peuvent être plusieurs à partir d’un seul pronom.
La correction est commune : les élèves se déplacent et prennent en main le TNI, en créant des espaces de réponse, le schéma heuristique s’organise peu à peu. On aboutit ainsi à la réalisation d’une carte mentale avec les réponses notées sur le TNI (Diapositive 10). Le schéma final proposé ici n’a qu’une valeur d’exemple, il est susceptible d’évoluer en fonction des questions que les élèves seront amenés à se poser

Troisième et quatrième heures : recherche documentaire (Diapositives 12 à 15 ; documents élèves pages 6 à 8).

Utilisation de X-Mind. (0.5 heure)
La recherche documentaire se déroulera en salle informatique, si celle-ci est équipée d’un vidéoprojecteur ou d’un TNI il est possible de débuter la séance dans cette salle, sinon la première demi-heure se déroulera en salle de cours munie d’un TNI. Ce temps sera consacré à la deuxième étape du questionnement du sujet : la traduction des questions en mots-clés. Les élèves vont devoir transformer les questions en mots-clés, qui seront les thèmes de recherche pour plusieurs groupes d’élèves.
Pour cela, l’utilisation d’un logiciel de « Mind mapping » paraît très pertinente. En effet, les fonctionnalités du logiciel permettent de noter de manière anarchique les réponses des élèves dans des « bulles flottantes », puis d’organiser les réponses des élèves entre elles et d’établir une arborescence hiérarchisant les bulles. Le TNI permet une réelle interactivité : les élèves participent en temps réel à la construction d’un document commun.(Diapositive 12)
Une fois la carte mentale constituée, les élèves pourront se mettre en groupes et traiter l’un des sujets secondaires (Déroulement d’un procès, Rôle d’un mineur, Structures, Evolution) voire tertiaires (le juges des enfants, PJJ…).
La bulle flottante « Comparatif avec d’autres pays » permettra d’aborder la structure de l’exposé des groupes, et notamment le rôle d’une conclusion : rappel des idées principales, ouverture du sujet (soit en changeant d’échelle temporelle, soit en changeant d’échelle géographique).

Recherche Internet.(1.5 heure)
La première demi-heure est consacrée à la constitution des binômes et à la présentation des sites Internet. Les élèves feront leurs recherches au cours de la dernière heure.
Les élèves forment donc des binômes et reçoivent une feuille de route qui est l’ossature du cours (certains binômes travailleront sur les mêmes thèmes). Cette feuille de route est aussi enregistrée dans le cartable en ligne puis dans le serveur commun, le document ouvert est travaillé de manière autonome. Cela est possible avec des élèves familiarisés à un espace numérique de travail. Si ce n’est pas le cas, la feuille de route sera complétée manuscritement.
Quel que soit le mode de mise en œuvre retenue, nous avons choisi de faire travailler les élèves à partir de trois sites Internet qui, au-delà de cette proposition, s’avèrent fort utiles pour aborder l’ensemble des thèmes liés à la justice des mineurs :

  • 1. Enfants en justice : la visite virtuelle permet d’aborder une mise en perspective historique.
  • 2. Le site du ministère de la Justice , les rubriques consacrées à la Justice des mineurs permettent de comprendre le fonctionnement d’une justice spécifique.
  • 3. Le site Ado- justice ouvre une rubrique particulièrement adapté aux élèves du collège : « Et les mineurs ? »
    Les trois sites retenus disposent de nombreuses ressources multimédia et amèneront les élèves à travailler sur les notions suivantes : droit, litiges, procédures, juridictions. Afin de travailler à l’efficacité de la recherche documentaire et d’éviter des errements nuisibles, les sites seront présentés (même rapidement) aux élèves.

Propositions d’évaluation

Le travail mené en co-animation sur quatre heures est l’occasion de valider certaines compétences du socle commun : les élèves ont été capables de construire un raisonnement argumenté ; ils ont du travailler en autonomie ; ils ont été conduits à organiser leur espace numérique de travail. Voici quelques unes des compétences que les élèves peuvent demander à valider ou qui peuvent être validées directement par les professeurs.

Socle commun :

Compétence 1 : la maîtrise de la langue française
Connaissances Capacités Attitude
Connaitre l’idée essentielle d’un texte. Répondre à une question par une phrase complète. Volonté de justesse dans l’expression écrite et orale.
Compétence 4 : la maîtrise des techniques usuelles de l’information et de la communication
Connaitre l’organisation de son espace numérique de travail. Chercher et sélectionner l’information demandée. Participer à des travaux collaboratifs : en connaître les enjeux et en respecter les règles.
Compétence 6 : les compétences sociales et civiques.
Les règles fondamentales de la démocratie et de la justice. Maitriser les notions juridiques de base de la
justice des mineurs.
Avoir un comportement responsable.

La recherche en salle informatique invite à valider plusieurs items du B2i.

  • C 1.1 Je sais m’identifier sur un réseau ou un site et mettre fin à cette identification : les élèves doivent se connecter sur différents serveurs avec leur mot de passe.
  • C 2.7 Je mets mes compétences informatiques au service d’une production collective : chaque binôme construit une partie du cours et apporte un élément de réponse à la problématique.
  • C 4.5 Je sais sélectionner des résultats lors d’une recherche (et donner des arguments permettant de justifier mon choix : les élèves ont du travailler à partir de plusieurs sites Internet pour chercher l’information la plus pertinente.

Le programme de la classe de quatrième amène les élèves à « développer davantage l’exposition de leurs connaissances », les conduit à approfondir l’ « analyse de documents » et à consolider la « maîtrise de l’expression écrite ». Les élèves ont déjà été formés à l’écriture de courtes synthèses en classe de cinquième. Ils sont donc peu à peu en mesure de construire une présentation écrite sur un sujet donné, ainsi il est possible d’évaluer le travail de recherche, mené par chaque binôme (document élèves page 8), et la réponse à la problématique.

Sitographie et bibliographie.

  • Ludivine Bantigny et Ivan Jablonka (dir.), Jeunesse oblige. Histoire des jeunes en France XIX e -XXe siècles , Paris, PUF, « Le nœud gordien », 2009.
  • Ivan Jablonka, Les Enfants de la République, Paris, Seuil, 2010.

Auteurs de l’article.

  • Mylène Manchec, professeur d’histoire - géographie, éducation civique. Collège H. Berlioz, Vincennes.
  • Laure Vandenabeele, professeur documentaliste. Collège H. Berlioz, Vincennes.