Histoire-Géographie

  Accueil > Archives > Numérique-archives > Numérique et Histoire > Aider les élèves à écrire en utilisant les fonctionnalités avancées d’un (...)

Aider les élèves à écrire en utilisant les fonctionnalités avancées d’un traitement de texte

15 / 01 / 2005

Les élèves ont de réelles difficultés pour rédiger des textes et en particulier le paragraphe argumenté de type brevet.
Il est notamment difficile de les mettre dans des situations réelles d’écriture et surtout de réécriture - partant du principe qu’un texte doit être repris plusieurs fois avant de pouvoir être considéré comme définitif.

L’informatique, et en particulier le traitement de texte, peut être une aide précieuse surtout pour des élèves peu motivés par des travaux de rédaction.

Nous voudrions proposer ici une démarche expérimentée avec des élèves de 3è dans un collège en ZEP qui a permis de lever un certain nombre d’obstacles.

situation pédagogique

niveau

L’expérience a été menée avec des élèves de 3è, mais elle est transposable à n’importe quel niveau.

intégration dans les programmes

La Seconde Guerre mondiale, mais là aussi cela est transposable à d’autres parties du programme.

déroulement de la séquence

- Séance 1 : étude de documents en classe sous forme classique avec problématique annoncée au début de la séance. Durée : 1h.
- A la fin de l’heure, les élèves sont invités à rédiger un paragraphe argumenté répondant à la problématique. Ils doivent remettre leur travail sous forme numérique. Techniquement, ils peuvent utiliser n’importe quel traitement de texte et enregistrer sous forme de fichier *.rtf ce qui permettra à l’enseignant de récupérer facilement les fichiers (à ce stade, WordPad suffit amplement). Les élèves ont la possibilité d’utiliser un ordinateur au CDI du collège, chez eux pour ceux qui sont équipés, ou à la cyberbase du quartier. Consigne est donnée aux élèves de nommer les fichiers avec leur nom.
- L’enseignant récupère ces fichiers pour les corriger. La correction se fait sous forme numérique : c’est-à-dire qu’il insère les textes dans un traitement de texte (dans notre cas le module texte de StarOffice).
La correction prend deux formes :

  • les fautes d’orthographe (non corrigées par le correcteur orthographique...) sont mises en valeur par un changement de couleur.
  • des notes sont insérées : ces notes permettent à l’enseignant de mettre les commentaires, les conseils, les indications qu’il souhaite pour permettre à l’élève d’améliorer sa première mouture. (voir plus loin)

- Séance 2 : les élèves sont en salle informatique, 1 par poste. Chaque élève récupère son texte corrigé en ouvrant son fichier (sous StarOffice). Chaque élève prend connaissance des remarques et des annotations de l’enseignant afin d’améliorer son texte. Au cours de la séance, l’enseignant peut se mettre à côté de chaque élève pour préciser ses remarques et donner des pistes pour les élèves les plus en difficulté. A la fin de la séance, l’enseignant prend connaissance de chaque texte et donne sa validation pour l’impression des textes. Une copie du fichier initial est conservée afin que les élèves puissent comparer les différentes versions de leur travail.

Intérêt de l’informatique

Le traitement de texte a été utilisé ici pour :
- motiver les élèves en utilisant l’outil informatique dans une pratique (l’écriture) qui les rébute.
- motiver les élèves en leur "promettant" un travail final propre (un texte imprimé, bien mis en page)
- leur permettre de se tromper : l’élève peut réécrire son texte plusieurs fois, revenir sur ce qui a été écrit, supprimer ce qui ne lui convient plus.
- leur permettre de travailler la composition de leur paragraphe rapidement : par exemple, en déplacant des phrases ou des paragraphes afin de construire un texte plus cohérent sans être obligé de tout réécrire.
- leur permettre d’utiliser (intelligemment...) des outils "magiques" comme le correcteur orthographique.

Mais ce qui nous a surtout intéressé c’est de pouvoir utiliser une fonction qui se trouve dans la plupart des traitements de textes évolués : l’insertion de note (ou commentaire selon la dénomination).

Par rapport aux annotations classiques (sur copie papier), l’enseignant n’est pas limité par la largeur de la marge et les insère dans le texte lui-même. Pour l’enseignant, ce dispositif est très confortable pour peu que l’on tape vite sur un clavier : dans le même temps, j’ai pu mettre des commentaires beaucoup plus nombreux et beaucoup plus longs que sur une copie papier.

Pour insérer une note dans StarOffice, il faut placer le curseur à l’endroit où l’on souhaite placer la note, puis faire "insertion>note".

La présence d’une note est marquée par un petit curseur jaune. Les élèves n’ont qu’à avancer le pointeur de la souris pour afficher la note. Exemple avec une copie d’écran d’un texte d’élève corrigé :

JPEG - 66.3 ko
copie_ecran_01

Compétences B2i

Au cours de cette séance, un certain nombre de compétences B2i peuvent être validées :
- 1 - Maîtriser les premières bases de la technologie informatique

  • 1.2
  • 1.3
  • 1.4

- 3 - Produire, créer, modifier et exploiter un document à l’aide d’un logiciel de traitement de texte

  • 3.1
  • 3.4

Bilan

Quelques remarques en forme de bilan :
- L’objectif principal de cette séquence était de faire rédiger les élèves. Cet objectif a été atteint : par rapport à un dispositif "classique", certains élèves qui refusaient peu ou prou de rédiger ont écrit un texte.
- La plupart des élèves ont su utiliser les fonctions basiques du traitement de texte pour reprendre leur texte, le réécrire, l’amender, le restructurer. Toutefois, certains ne maîtrisaient que vaguement ces fonctions : un tel dispositif serait donc plus efficace s’il était répété plusieurs fois dans l’année.
- La correction des fautes d’orthographe a surpris les élèves : ils étaient persuadés que le correcteur orthographique était un outil infaillible !
- La présence des commentaires insérés dans des notes a, dans un premier temps, surpris les élèves mais ils en ont vu l’intérêt rapidement : elles ont guidé leur travail de correction et de réécriture. L’enseignant a dû toutefois souvent repréciser au cours de la séance le sens de ses remarques qui n’ont pas toujours été comprises des élèves.
- La deuxième version des textes étaient bien meilleure que la première. Toutefois, pour un certain nombre d’élèves, une heure de réécriture et de correction n’a pas été suffisante pour aboutir un texte a peu près satisfaisant.
- Un tel dispositif prend du temps (2 séances) mais étant donné les textes écrits au final, cela ne nous a pas semblé du temps de perdu.
- Pour l’enseignant, le travail de préparation nécessaire n’est guère pus long qu’un travail classique de correction de copies.
- Les compétences techniques pour mettre en œuvre un tel dispositif sont très minces : il faut savoir utiliser un traitement de texte, faire des copier/coller, insérer des notes dans un texte.
- Le traitement de texte utilisé ici est celui de la suite StarOffice mais on pourrait tout aussi bien utiliser Word, OpenOffice ou Lotus WordPro.

auteur de l’article

Julien Lalive

Post Scriptum :

Le traitement de texte peut être une aide précieuse surtout pour des élèves peu motivés par des travaux de rédaction.

 

Mots-clés

 Tous niveaux, histoire