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Les réseaux urbains et de communication, « jeu pédagogique "

13 / 11 / 2005

Une activité inspirée de la conférence donnée par Paul Claval
au 16ème festival International de Géographie
sur le thème « Etudes géographiques des réseaux : au croisement de la théorie de la communication et de la théorie des relations institutionnalisées »

Niveau :

première S et pour les premières STG

Thème du programme :

« Les réseaux urbains et de communication »

Objectif principal :

permettre aux élèves de prendre conscience que les réseaux de transports et de communication mettent toujours en valeur les réseaux urbains


Type d’activité :
« jeu pédagogique » proposé aux élèves en introduction du chapitre

Durée : une séance de 55 minutes

La conférence :

La conférence de Paul Claval, donnée lors du premier jour du FIG, était l’occasion d’une remise en perspective théorique et épistémologique sur la manière dont la géographie envisage les réseaux.
Le résumé de cette conférence est publié parmi les actes du FIG (http://fig-st-die.education.fr/). Il est à l’adresse suivante : http://fig-st-die.education.fr/actes/actes_2005/claval/article.htm.

Cette conférence s’articulait autour de trois « moments » de l’analyse géographique des réseaux :
- 1) les premières études des réseaux de transports et des réseaux urbains à partir de la deuxième moitié du XIXème siècle qui débouchent avant la Seconde Guerre mondiale sur les théories des lieux centraux
- 2) l’analyse de l’organisation concrète des réseaux de transports et de communication à partir des années 1960
- 3) les recherches actuelles au sujet de l’impact des réseaux sociaux sur l’organisation de l’espace.

En évoquant lors de la deuxième partie de son exposé les réseaux de transports et de communication, Paul Claval a démontré que tous ces réseaux, y compris les réseaux informatiques censés créer un espace totalement égalitaire dans la mesure où ils annulent la notion de distance, tendent en fait à hiérarchiser nettement l’espace. En effet, ils mettent systématiquement en valeur les pôles urbains et les grands axes qui les relient (même si des logiques nouvelles favorisant des centres secondaires, comme par exemples les hubs aéroportuaires de province, sont en train d’émerger). L’activité pédagogique présentée ici s’appuie sur cette démonstration.

La place de l’activité dans le programme :

Dans la deuxième partie du programme de première S, les élèves doivent étudier « Les réseaux urbains et de communication » (pour plus de précisions, ce programme est consultable à l’adresse suivante : ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/bo/2002/hs7/ss.pdf).

Une des difficultés de la mise en œuvre de ce thème tient au fait que l’étude des réseaux urbains et des réseaux de communication doivent être menées conjointement (contrairement au programme des premières ES et L qui propose d’analyser ces phénomènes dans deux chapitres distincts : « La métropolisation et les réseaux urbains » puis « Les réseaux de communication et de transports »). Il est quelquefois difficile de justifier auprès des élèves cette double analyse en un seul chapitre et une seule problématique, même s’ils sentent souvent intuitivement que réseaux urbains et de communication vont de pair, sans toutefois parvenir à réellement expliquer pourquoi.

Les principes de l’activité proposée :

L’objectif de cette activité est donc de permettre aux élèves de construire eux-mêmes le lien logique existant entre réseaux urbains et réseaux de communication.
Comme il s’agit de justifier l’intitulé même de ce chapitre, cette activité prend donc place en introduction.
La forme choisie est celle d’un « jeu pédagogique ». En effet, cette formule a l’avantage d’impliquer fortement les élèves dans la construction du raisonnement. De plus, le jeu par son aspect imaginaire (on ne traite pas un espace réel) leur permet, mieux que l’analyse d’un cas concret, de se placer dans le cadre d’une réflexion théorique globale. Enfin, ce type d’activité est encore largement apprécié par des élèves de première.
Le document support de l’exercice est une carte par points de la population d’un espace imaginaire (voir document 1).
L’activité est construite autour d’une alternance de travail en petits groupes pour conserver l’aspect ludique de l’activité et de moments de dialogue avec le professeur afin de mieux guider les élèves dans un raisonnement abstrait et donc complexe pour eux.

Le déroulement de l’activité :

Première phase de l’activité : réflexion sur la logique de fonctionnement des réseaux de transports

Le professeur ouvre le dialogue avec les élèves au sujet de ce nouveau chapitre en attirant leur attention sur le coût élevé de la construction de certaines infrastructures de transports. Il peut ainsi par exemple leur citer un ordre de grandeur concernant le coût de construction du TGV Méditerranée (un peu plus de 10 millions d’euro au kilomètre d’après un rapport du Sénat datant des années 1990).
Le professeur demande ensuite aux élèves comment rentabiliser le coût de construction de telles infrastructures. Les élèves mettent alors en valeur la condition principale de cette rentabilité : le nombre d’usagers utilisant l’infrastructure.

La carte imaginaire de l’activité est distribuée. Les élèves constituent des groupes de deux ou trois pour travailler sur le document.

La première consigne est de tracer sur la carte la ligne de chemin de fer la plus rentable possible c’est-à-dire, d’après le raisonnement que les élèves viennent de tenir, une ligne courte mais qui desserve un maximum de voyageurs.
Les élèves tracent donc en fait une ligne de chemin de fer entre les deux principaux pôles urbains de la carte (voir document 2).

La consigne suivante consiste à demander aux différents groupes d’élèves de tracer des lignes de chemin de fer complémentaires afin que tous les lieux regroupant plus de 100 000 habitants sur la carte soit reliés entre eux (voir document 3).
Une fois ce travail fait, le professeur demande aux élèves comment on peut savoir quel est le tracé le plus avantageux économiquement. Les élèves constatent tout d’abord que la population desservie est la même quel que soit le tracé choisi puisque tous les tracés relient les mêmes lieux. Ils en arrivent donc à l’idée que c’est le tracé le plus court, c’est-à-dire le moins cher, qui est le plus avantageux économiquement.
Chaque groupe d’élèves mesure alors la longueur des axes complémentaires qu’il a tracé. Les résultats obtenus sont comparés entre eux et les élèves identifient les types de tracés qui sont les moins coûteux. Il s’agit en fait des tracés reliant les différents pôles de 100 000 habitants à l’axe principal déjà dessiné (voir document 3).

Les premières conclusion de l’exercice peuvent alors être verbalisées par les élèves :
- les axes de transports qui relient les lieux de plus forte concentration de population sont les plus rentables. Les villes dont la population est importante sont donc favorisées lorsqu’on choisit le tracé d’un axe de transport.
- lorsqu’on veut ensuite tracer des axes secondaires, la solution la moins coûteuse économiquement consiste à greffer ces axes secondaires sur les axes de transports déjà existant entre grandes villes. Cette logique renforce donc encore ces axes majeurs et les grandes villes qui en sont les pôles.

Deuxième phase de l’activité : réflexion sur la logique de fonctionnement des réseaux de communication

Un texte illustrant le fonctionnement d’internet est distribué aux élèves (voir document 4).
Pour expliquer le fonctionnement d’internet, on peut également utiliser une petite séquence animée proposée par le site de wanadoo sur le parcours d’une connexion internet
(http://services.wanadoo.fr/wanadoo_et_moi/comprendre/netexpress/flash/ne_20/index.html)

Les élèves lisent le texte puis le professeur vérifie par quelques questions qu’ils en ont compris l’information essentielle (la connexion à internet par téléphone ne peut se faire que par l’intermédiaire d’un fournisseur d’accès qui possède des points d’accès au réseau dont les internautes ne disposent pas).

Un internaute doit donc payer à chaque connexion une communication pour être relié à son fournisseur d’accès. Plus la distance avec ce fournisseur d’accès est élevée, plus cette communication est chère.
Le professeur place alors les élèves dans la cas d’un fournisseur d’accès internet proposant à ses clients des accès internet illimités pour une somme fixe mensuelle. Cette somme fixe doit couvrir les frais de tous les appels de l’internaute vers le fournisseur d’accès. Si ce fournisseur d’accès veut retirer un maximum de bénéfices de ces forfaits mensuels, quel est donc son intérêt ? Les élèves montrent que le fournisseur d’accès doit se situer au plus près de ses clients, pour limiter le coût des communications internautes-fournisseur d’accès.
Les élèves doivent donc alors déterminer sur la carte l’endroit où le fournisseur d’accès a intérêt à se localiser (voir document 5).
Il s’agit de la ville de 500 000 habitants, qui regroupe potentiellement le plus de clients. Cette ville est donc le lieu de commandement des infrastructures du fournisseur d’accès.

La conclusion définitive de l’activité peut donc alors être verbalisée par les élèves : les réseaux de transports comme les réseaux de communication valorisent les grandes agglomérations. Les pôles des réseaux urbains et des réseaux de communication sont donc les mêmes. L’étude conjointe des réseaux urbains et de communication dans ce chapitre est ainsi justifiée.

En revanche, cette activité peut avoir une conséquence négative : survaloriser auprès des élèves la notion de rentabilité dans les choix faits en matière d’infrastructure de transports. Les notions de services publics, d’aménagement du territoire, de choix volontaristes concernant la politique des transports n’y apparaissent en effet pas du tout. On veillera donc particulièrement à mettre en valeur ces concepts dans la dernière partie du programme au sujet du chapitre « Disparités spatiales et aménagement des territoires ».

Auteur de l’article

Elisabeth Grimaud, Lycée Romain Rolland, Ivry-sur-Seine

Post Scriptum :

construire le lien logique existant entre réseaux urbains et réseaux de communication

 

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