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Mutations urbaines et analyses spatiales : exploitation d’un SIG.

14 / 10 / 2007
Le SIGR de l’IAURIF, un outil pour le professeur et les élèves.

L’IAURIF (Institut d’Urbanisme et d’Aménagement de l’Ile de France) a récemment mis en ligne un Système d’Information Géographique (SIG) fabuleux par sa richesse et sa commodité d’utilisation. On y trouve en particulier les cartes des Modes d’Occupation des Sols (MOS), simplifiées ou détaillées, pour 6 dates différentes de 1982 à 2003. Les élèves peuvent ainsi très facilement par copie d’écran et logiciel de présentation réaliser un "film" d’une croissance urbaine sur deux décennies en identifiant une organisation et des logiques spatiales. On se propose de montrer les fonctions essentielles du SIG, d’en suggérer des pistes d’utilisation, d’explorer quelques exemples de mutations de l’espace francilien puis de réfléchir à des adaptations aux programmes et situations d’enseignement.

Découvrir le SIG de l’IAURIF

Sur la page d’accueil, cliquer sur la loupe "cartes interactives de la région". Après avoir choisi une résolution d’affichage (ex, plein écran), ouvrir une carte dans la liste proposée, ex " l’occupation du sol simplifiée en 2003 ".
Ci dessous, un aperçu général des fonctions proposées extrait du site de l’IAURIF. (cliquer ici pour voir l’image en grand et lire le menu détaillé).

Quelques outils de navigation méritent une attention particulière :

- le zoom s’opère par un cadrage avec la souris et permet très facilement de passer d’une vue générale au gros plan en ciblant des zones choisies.
Voir ci-dessous (cliquer sur l’image).

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Fonction zoom et changement d’échelles

Remarque : on peut aussi choisir une zone en rentrant un nom de commune (voir l’icône des jumelles) et inscrire l’échelle voulue via le clavier numérique.

- le navigateur de cartes permet de passer d’une image à l’autre tout en conservant rigoureusement la même échelle. Cet outil est extrêmement précieux pour des approches comparatives, diachroniques en particulier. Voir ci-dessous (cliquer sur l’image)

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Le navigateur : comparer des espaces identiques à des époques différentes.

- le paramétrage des couches d’informations offre la possibilité de superposer photographie aérienne et rubriques de légende de son choix. A ma connaissance et en l’état d’actualisation du site, cette fonction n’est opérationnelle qu’à partir de la carte du Mode d’Occupation des sols en 2003, version simplifiée. Voir ci dessous

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Le choix et la superposition des couches d’information

- l’interrogation des couches d’informations (icône "I") donne des précisions statistiques très utiles, comme les données communales du MOS qui communiquent la superficie des types d’occupation du sol (comparaison possible d’une année à l’autre ou d’une commune à l’autre) ou encore le trafic automobile par tronçons (cliquer sur l’icône puis sur la carte).

Une application immédiate, ludique et instructive : le "film" d’une croissance urbaine.

L’opération ne demande que quelques clics et une connaissance très limitée d’un logiciel de présentation. On peut choisir une portion d’espace à grande échelle en limite d’agglomération ; on fait figurer la photographie aérienne et les cartes de l’occupation des sols à différentes époques tout en copiant et collant chacune de ces images sur des diapositives Powerpoint ou Openoffice (voir initiation).
Le diaporama présente alors la vue aérienne de l’espace choisi, le MOS correspondant (2003) et le défilé du MOS de 1982 à nos jours. Les transformations urbaines sont alors nettement visualisables et des logiques spatiales apparaissent.
Voir ci-dessous (cliquer sur l’image)

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Le film d’une croissance urbaine
L’exemple de Bussy Saint Georges (77)

Il est conseillé de faire défiler lentement puis rapidement les images pour prendre au mieux la mesure des mutations spatiales, par la compréhension comme par l’impression visuelle.

Pour éviter le piège du simple gadget, il convient d’en extraire quelques analyses spatiales.

- On observe un tournant décisif entre 1990 et 1994 avec l’apparition d’une zone d’habitat collectif et d’une zone d’activités qui font naître un espace urbanisé.

- La croissance urbaine apparaît ordonnée et obéit à des logiques spatiales : la zone d’habitat collectif s’est concentrée autour de la gare et de ligne du RER et la zone d’activités s’est greffée sur la voie autoroutière.

- des dynamiques de croissance s’inscrivent dans l’espace : des fronts d’urbanisation s’orientent vers le sud pour l’habitat collectif et l’est pour l’habitat individuel. On remarque aussi une nette dissymétrie de part et d’autre du RER : c’est l’indice d’un aménagement planifié qui met en réserve des espaces centraux durant toute la durée de la croissance urbaine (contexte d’une Ville Nouvelle, Marne la Vallée).

Voir croquis d’interprétation (cliquer sur l’image)

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Croquis simplifié
Organisation et dynamiques spatiales

Faire travailler les élèves : la réalisation d’un diaporama

On propose une démarche permettant de se référer à des modèles de diaporamas montrés ci-dessus. L’élève choisit un espace et élabore une production organisée à partir d’un logiciel de présentation (Powerpoint ou Openoffice).

- Comment choisir une portion d’espace ?

Le professeur peut se montrer directif en attribuant à des groupes d’élèves des zones bien ciblées en fonction de leur intérêt (importance des transformations) et de leur critère (impact des moteurs de croissance ex : station RER, pôle touristique, aéroport, etc...).

Il est aussi possible de laisser aux élèves l’initiative du choix en leur indiquant toutefois de privilégier la zone de périphérie d’agglomération si l’on souhaite les voir travailler sur le thème de la croissance urbaine.
Voir ci dessous.

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Sphère de croissance urbaine en IDF de 1982 à 2003

Cette deuxième option comporte l’intérêt d’une navigation autonome sur le SIG, en variant les échelles et la date des cartes. (en prospection, l’élève se contentera de deux dates -1982-2003- pour prendre la mesure de l’ampleur des transformations)

Une fois la portion d’espace choisie, on fixe un ordre de manoeuvre pour la réalisation d’un diaporama. A chaque jeu de cartes doit correspondre un commentaire.

a) Localisation. La situation dans l’espace francilien gagne à être accompagnée d’une carte (échelle aux environs du 1/40000ème) apportant de éléments de contexte géographique (proximités, accessibilité). Voir ex ci dessous.

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Comment présenter un espace choisi ?
L’exemple de Bussy st G

b) Le film des transformations urbaines : choix de dates significatives du MOS entre 1982 et 2003.

Voir plus haut le diaporama "le film d’une croissance urbaine".
Consigne : décrire les transformations les plus marquantes.

c) Les types d’occupation du sols : superposition vue aérienne/éléments du MOS. Choix des 3 ou 4 éléments les plus significatifs en diapositives séparées.

Voir plus haut le diaporama "le choix et la superposition des couches d’informations".

Consigne : la répartition des types d’occupation du sol obéit-elle à des logiques spatiales ? (pourquoi ici et pas ailleurs ?)

d) Bilan sur l’analyse spatiale : croquis et synthèse rédigée.

Consigne :

- Elaborer un croquis simplifié en représentant par des zones de couleurs les types d’espace dominants.
Options à adapter en fonction des situations : signaler les directions de la croissance urbaine et les changements des types d’espace déjà urbanisé - ex : activités secondaires -> tertiaires
.

Voir plus haut le diaporama : "croquis simplifié"

- Autour de quels éléments déterminants l’espace s’est-il organisé ? (ex : voies de communication, gare, bâtiments publics, etc...)

Quelques cas de figure à explorer

On trouvera ci-dessous trois exemples d’exploitation du SIG de l’IAURIF.
- Le 1er porte sur un espace de banlieue mitoyen de la capitale : il montre la reconversion des zones industrialisées en habitat collectif et activités tertiaires. Voir ci-dessous (cliquer sur l’image)

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Les mutations de l’espace dans la banlieue mitoyenne.
L’exemple de la banlieue Nord Ouest, Levallois et Clichy


- Le 2nd évoque les transformations spatiales autour de l’aéroport international de Roissy Ch De Gaulle, en particulier la très forte extension des zones d’activités.
Voir ci-dessous (cliquer sur l’image)

PowerPoint - 1.6 Mo
Les mutations de l’espace autour d’un aéroport international
L’exemple du secteur de Roissy Ch. De Gaulle


- Le dernier est axé sur le développement urbain autour du pôle touristique de Disney dans le secteur 4 de Marne la Vallée.
Voir ci-dessous (cliquer sur l’image)

PowerPoint - 2.2 Mo
Les mutations de l’espace autour d’un pôle touristique
L’exemple du secteur Disney/Marne la Vallée.

Adaptations pédagogiques : quels programmes ? Quelles situations d’enseignement ?

Faire travailler les élèves

- Classe de IInde, chapitre sur "les dynamiques urbaines", modules en salle informatique, mise en oeuvre du diaporama (voir ci-dessus).

- 1ère STG. II.B Des territoires en fonctionnement : "les tendances sont précisées à l’échelle locale en prenant comme référence le lieu où se situe le lycée. Cet approfondissement peut prendre la forme d’un dossier amenant les élèves à préciser quels sont les modes d’organisation et d’utilisation de leur espace de vie."

Ressources régionales, travail autonome et approfondissement, organisation et utilisation de l’espace : le SIGR de l’IAURIF semble répondre idéalement aux exigences et à l’esprit de ce nouveau programme.

- Aller plus loin : une sortie sur le terrain.
La carte du mode d’occupation des sols peut servir de d’outil à une perception intelligible de l’espace environnant. Des photos prises par les élèves pourraient ainsi être mises en lien avec les différentes zones représentées.
Voir l’exemple ci-dessous.

PowerPoint - 1.1 Mo
Associer la carte d’occupation des sols et des paysages
L’exemple de Bussy St G

Un outil pour le professeur : intégrer des diaporamas dans un cours via le vidéoprojecteur.

Si les conditions matérielles et techniques ne sont pas réunies pour le travail autonome des élèves, rien n’empêche l’exploitation de diaporamas (cf exemples déjà donnés) pour illustrer un cours sur les dynamiques urbaines en 2nde ou l’espace régional francilien en 1ère.

Post Scriptum :

réaliser un "film" d’une croissance urbaine sur deux décennies

 

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