Contenus
L’inspecteur général du groupe histoire et géographie, Michel Hagnerelleouvre la table ronde en positionnant la géographie comme une discipline innovante qui a dépassé d’anciens clivages pour répondre à une réelle demande sociale. Cette vision de la discipline est particulièrement évidente dans les nouveaux programmes de seconde qui, à travers l’étude de cas, aborde des concepts-clefs comme l’environnement, le développement et la frontière.
En outre, il présente la problématique liée à la question posée. Ainsi à partir des quatre exemples proposés, une réflexion peut être orientée autour de ces axes :
Les métropoles sont elles des lieux innovants ?
Quels sont les déclencheurs endogènes et/ou exogènes à ces innovations ?
Comment fonctionne la diffusion de ces innovations ?
Quelle est la place des Suds dans les innovations ?
Gracia Dorel-Ferré (IA-IPR d’histoire et géographie, académie de Reims) nous expose une analyse de la place de l’innovation dans la métropole de Barcelone du XIXe au XXe siècles. On apprend ainsi que, suite à des stratégies industrielles, abandon de la transformation et du commerce de la laine pour le coton et le charbon, la ville a vécu une nouvelle période de développement dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Ce dynamisme entraîne un agrandissement de l’espace urbanisé sous la direction de l’architecte Sarda et le centre de la ville se déplace vers le nord, dans le quartier de l’Eixample, autour de la place de Catalunya. Ce mouvement est accompagné par un courant artistique important dont le personnage le plus marquant est Gaudi. Les dictatures fascistes puis franquistes marqueront pour un temps l’arrêt des innovations dans cette métropole méditerranéenne qui compte aujourd’hui 4,5 millions d’habitants.
Claude Manzagol (Université de Montréal) nous propose d’examiner les innovations dans les métropoles nord américaines. Il fonde sa présentation sur les liens étroits qui existent entre " innovation " et " métropole ". Il rappelle que les métropoles américaines sont des technopoles et il s’appuie pour cette démonstration sur les exemples de Detroit, Phoenix et de la Silicon Valley. Ces trois situations nous permettent de constater que les métropoles concentrent l’ensemble des stratégies actuelles. Ce sont des villes globales, elles rassemblent les innovations économiques et financières et les hautes technologies
Robert Marconis (Université de Toulouse le Mirail) nous invite à observer le cas des métropoles du sud de la France, Grenoble, Montpellier et Nice en particulier, villes qui ne sont pas liées directement à la politique des métropoles d’équilibre et qui pourtant vont entrer dans la métropolisation par l’innovation. Cependant des problèmes restent posés : leur place dans la mondialisation, les inégalités internes qui subsistent et la mauvaise diffusion des innovations au niveau régional.
Jean-François Troin( Université de Tours) nous présente enfin quelques situations dans les villes des suds. Nous en retiendrons que parmi les innovations, il y a le "durcissement" des quartiers d’habitat précaire et des mouvements artistiques urbains. Il est aussi rappelé que face à d’importantes dérives mafieuses, le rôle de l’Etat est plus que jamais nécessaire dans ces villes.
Suggestion pédagogique
Au delà de l’intérêt de cette question pour les concours de recrutement des professeurs, le phénomène de métropolisation traverse tous les programmes du secondaire, depuis la sixième avec les études cartographiques et les paysages urbains jusqu’au lycée avec l’analyse de ce phénomène lié à celui de la mondialisation.
Rappelons enfin que les dispositifs du collège et du lycée peuvent nous offrir l’occasion de centrer les projets sur les villes et les métropoles en particulier. Ainsi, pour le collège nous pourrions imaginer des itinéraires de découverte en cinquième sur les métropoles des suds et en quatrième sur l’axe rhénan. Pour le lycée, un TPE en première sur les métropoles en général semble tout à fait envisageable.
Auteur de l’article
Laurence BLACHERE, académie de Créteil