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L’affaire Dreyfus

27 / 04 / 2006
Thème 1 Histoire

A/ moments et actes fondateurs (1880 - 1946).

Question (A >>> 6/7 heures) : « On montre comment la République est fondée sur trois piliers en s’arrêtant sur quelques moments décisifs.

Les années 1880 - 1914 font triompher une conscience nationale unitaire qui passe par l’acquisition de références collectives (déclarations des droits de l’Homme et du Citoyen, symboles, mémoires). Elles élargissent les modes d’accès à la nationalité (1889, droit du sol). La colonisation est alors justifiée au nom d’une mission civilisatrice.
La construction de la démocratie est réalisée par des lois qui établissent les grandes libertés et favorisent la fondation de partis, de syndicats, d’associations (188à - 1914). Elle est consolidée grâce) l’extension des droits sociaux et à l’égalité politique entre les sexes (Front populaire, Libération). Elle peut être remise en cause (Vichy).
Préparée par la laïcisation de l’école, la loi de 1905 décide la séparation entre l’Etat et les religions, garantit la liberté de pensée et de culte pour chaque citoyen, crée les conditions d’une pacification sociale. »

B/ Débats et combats.

Sujet d’étude (B >>> 2 heures) au choix. L’étude recourt aux documents littéraires, artistiques, audio-visuels et aux témoignages]

L’affaire Dreyfus
L’année 1940
La défense nationale

« L’affaire Dreyfus est retenue comme événement décisif dans la vie politique française et la lutte pour les droits de l’homme. »

Organisation de la séquence

1/ Sujet d’étude 2 heures L’affaire Dreyfus
2/ Question 6/7 heures La construction de la République : moments et actes fondateurs (1880 - 1946)

La République ne constitue pas un « allant de soi » ; elle s’est progressivement construite. C’est bien là le cœur de la question inscrite au programme. Ceci étant, il n’est pas possible (prévoir programmation raisonnée) de présenter ce que fut le « panorama détaillé » de la Troisième République. Par contre, il convient d’inviter à une « réflexion sur les fondements de la culture républicaine » en montrant comment ces fondements ont permis une édification durable de la République malgré les aléas et les remises en cause voire même une remise en cause radicale à l’image du régime de Vichy.

Qu’est-ce ce que c’est que la République ? Comment définir la culture républicaine ?

En résumé disons, pour faire simple, que c’est un ensemble de principes (1848 : Liberté, Egalité, Fraternité) et de valeurs souvent accompagnés de symboles, d’une part, mais aussi d’hommes, d’autre part, qui défendent des idées afin de promouvoir, entre autres, la démocratie et des droits de diverses natures. Face à ces hommes, d’autres hommes, enfin, les opposants à la République.
Par ailleurs, la République c’est un régime politique fondé sur la souveraineté du peuple et la communauté des citoyens.
La République c’est encore (et surtout ?) une dynamique visant à abattre ou à limiter les entraves aux libertés, à l’égalité devant la loi et à la solidarité des citoyens les uns envers les autres.

Les leçons de l’affaire ; une tentative de remise en cause de la République ?


1/ L’affaire
, par delà la Grande Guerre, annonce les années noires de Vichy. On peut y lire une brutale remise en question de l’émancipation des Juifs (article 10 de la DDHC + émancipation acquise en 1791 + décret Crémieux du 24/10/1870 - octroi de la citoyenneté française aux Juifs d’Algérie)) qui marquait une volonté d’instaurer une égalité de tous les citoyens. Le nationalisme entend dénoncer cette tradition politique dénonçant l’illégitimité d’un ordre républicain peu attentif à défendre l’intérêt national pourtant menacé par la prétendue trahison d’un officier juif de l’état-major.
L’affaire révèle évidemment la profondeur du courant antisémite en France (cf. plus bas).

2/ L’affaire est un symbole des « deux France » soucieuses d’imposer l’une et l’autre au nom de la tradition ou de la raison leur propre conception de l’identité nationale :

- la nation à la française modèle universaliste imaginé par les hommes de 1789 et prolongé plus tard sous la IIIème République, une nation constituée de citoyens égaux (foin des différences de classe, de religion et/ou de culture). A l’image de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen, la nation se veut tournée vers l’universalisme ;
- la nation réclamée par les mouvements nationalistes et pensée selon un modèle identitaire fondé sur l’appartenance ethnique où la nation sera expurgée de ses éléments étrangers.

A une France universaliste et rationaliste veut s’opposer une France nationaliste.

3/ L’affaire fait entrer la France dans le XXème siècle.
Entrée dans le XXème siècle, à condition de voir l’affaire comme un catalyseur. Nous lui devons en effet l’entrée en force des idéaux dans nos débats et ainsi la prégnance des idéologies dans les affrontements du siècle. S’opposeront :

- d’une part, la mise en accusation d’un homme (innocent), l’usage brutal de la raison d’Etat, la révérence aveugle devant les institutions hiérarchiques, armée, magistrature ou Eglise par les représentants d’une des deux France celle de l’ordre et de la chose jugée ;
- de l’autre, l’exacerbation des membres de l’autre France, celle de l’individualisme des droits de l’homme, animée par la volonté de faire régner la justice, la vérité, la raison.

Le 12 juillet 1906, au terme de douze années de lutte acharnée, la capitaine A. Dreyfus est réhabilité par un arrêt de la Cour de cassation, la plus haute cour de justice en France (EN FAIT, l’usage du mot réhabilitation est erroné car l’arrêt de la Cour de cassation ne fait pas mention de ce terme MAIS prononce l’acquittement de Dreyfus et proclame son innocence). La justice est rendue, la vérité démontrée, le droit appliqué. Le combat de Dreyfus et des dreyfusards est un exemple emblématique pour la démocratie : Dreyfus a été défendu comme Juif, comme citoyen. Le XXème siècle commence avec l’affirmation des droits les plus imprescriptibles de la personne et du citoyen. Le droit et la vérité triomphent sur la raison d’Etat. Les valeurs qui fondent la République sont victorieuses et en particulier la plus précieuse de toutes, celle qui fait de chaque citoyen, de chaque être humain, une personne qu’on ne peut sacrifier à une aveugle raison d’Etat.


4/ L’affaire
est donc le révélateur des profonds clivages idéologiques mais aussi politiques qui traversent et vont continuer à traverser l’opinion française :

- les républicains attachés à la justice et aux droits de l’homme. Ces républicains, héritiers des hommes de 1789 et de 1848, sont, le plus souvent, libéraux, positivistes et « attachés à la mission universelle de la France » ;
- les anti-dreyfusards, attachés à l’honneur de l’armée française, nationalistes, catholiques et antisémites.

ATTENTION ...ne pas tomber dans les simplifications réductrices. Aussi, au-delà de quelques exceptions individuelles, on peut affirmer que l’affaire provoqua ainsi une profonde recomposition politique selon la traditionnelle ligne de fracture droite et gauche, la droite étant majoritairement antidreyfusarde tandis que la gauche soutenait Dreyfus.

5/ Les leçons de l’affaire, cependant, sont aussi à lire à travers les soubresauts (les remises en cause) de la République. L’affirmation du nationalisme avec comme manifestation l’anti-parlementarisme, le rejet de l’égalité manifeste dans le non respect des droits de l’homme et la violence antisémite auront encore de beaux jours devant eux ; la « débâcle » de la République en témoigne le 10 juillet 1940.
Une autre grande leçon de l’affaire réside aussi dans la mise en évidence de l’extrême volatilité des valeurs républicaines défendues un temps, oubliées le lendemain. Les années noires en attesteront. Toutefois, la République, « bonne fille », saura restaurer l’universel respect de la personne humaine donnant sans doute à C. Péguy le repos, lui qui écrivait dans Notre Jeunesse :


...« Une seule injustice, un seul crime, une seule illégalité, surtout si elle est officiellement enregistrée, confirmée [...] un seul crime rompt et suffit à rompre tout pacte social, tout le contrat social, une seule forfaiture, un seul déshonneur suffit à perdre l’honneur, à déshonorer tout un peuple ».

Organisation détaillée de la séquence (programmation possible)
Sujet d’étude..... 2 heures

L’affaire Dreyfus

L’affaire...une crise à portée immédiate ?
Enjeux et leçons (des conséquences lointaines

Question ..............6/ 7 heures

La construction de la République : moments et actes fondateurs (1880 - 1946) :

- Les grandes étapes de l’histoire de la III République (cadre chronologique et nécessaire périodisation)...une construction.
- La République = des principes, des valeurs, des idées, des hommes et une dynamique
- Exemple : la liberté de conscience (lois scolaires et loi de 1905). Des actes fondateurs. (laïcisation, sécularisation)
- Les remises en cause de la République. Des moments.
- La défense de la République. Des moments.
- L’engagement (individuel/ collectif)


Consolidation et extension des droits et libertés

1881
liberté de la presse
liberté de réunion

1881-1882
lois scolaires

1884
légalisation des syndicats (loi Waldeck - Rousseau)

1898
_loi sur les assurances et les accidents du travail

1901
loi sur les associations (elle rend possible l’organisation des partis politiques. Exemples : 1901, Parti radical ; 1905, SFIO)

1905
loi de séparation des églises et de l’Etat (liberté de conscience et pleine égalité des droits des personnes sans discrimination liée au sexe, à l’origine ou aux convictions personnelles dont religieuses)

1910
création des retraites

1919
limitation de la journée de travail à huit heures

1928
création des assurances sociales

1936
accords Matignon (employeurs reconnaissent v./v. de leurs salariés la liberté d’opinion, d’adhésion libre et d’appartenance à un syndicat + conventions collectives)

1944
droit de vote accordé aux femmes

Acquisition progressive de droits et obtention de libertés de natures variées (droits civiques, politiques sociaux) au cours de la construction de la République.

Michel HERON. IA-IPR

 

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